Premiers résultats de l’étude nationale Enabee sur le bien-être et la santé mentale des enfants de 3 à 6 ans scolarisés en maternelle en France hexagonale

Ouvrage

MONNIER BESNARD S, DECIO V, DELORME R et al.

Saint Maurice : Santé Publique France, 2024, 57 p.

Thématique(s) : Santé mentale

Collection Etudes et enquêtes

La santé mentale et le bien-être des enfants sont des préoccupations majeures de santé publique, pouvant influencer les apprentissages, la vie sociale et, à court, moyen ou long terme, leur état de santé futur. À ce jour, nous ne disposions pas de données objectivant la santé mentale et le bien-être des enfants de 3 à 11 ans en population générale en France. Afin de pallier ce manque, Santé publique France a mené " l'Étude nationale sur le bien-être des enfants " pour la première fois en 2022 (Enabee 2022), avec le soutien du ministère chargé de la santé et du ministère de l'Éducation nationale. Enabee 2022 est la première étude nationale visant à mesurer la santé mentale et le bien-être des enfants scolarisés à l'école maternelle (enfants âgés de 3 à 6 ans) et élémentaire (enfants âgés de 6 à 11 ans) en France hexagonale. Cette étude a vocation à être répétée à intervalles réguliers afin de mieux comprendre comment évoluent la santé mentale et le bien-être des enfants en France.

L'objectif du présent rapport était d'estimer la prévalence des difficultés émotionnelles, des difficultés d'opposition et d'inattention/hyperactivité probables, le niveau de bien-être, et d'évaluer le recours aux soins pour des raisons de santé mentale parmi les enfants scolarisés de la petite section à la grande section de maternelle (3 à 6 ans) en France hexagonale, en complément des résultats sur les enfants scolarisés en école élémentaire déjà publiés.

Enabee 2022 est une étude transversale descriptive nationale réalisée dans les écoles françaises en 2022. Le plan d'échantillonnage probabiliste comporte trois degrés : les écoles, tirées au sort en premier ; ensuite jusqu'à quatre classes par école et, enfin, tous les élèves de chacune des classes sélectionnées. Les données ont été recueillies entre mai et juillet 2022. Pour chaque enfant, un des parents et son enseignant ont été interrogés au moyen d'un questionnaire en ligne sécurisé ou à défaut par téléphone. Les difficultés émotionnelles, d'opposition et d'inattention/hyperactivité ont été évaluées par les versions parent et enseignant de l'échelle standardisée Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ) ; le bien-être avec la version parent de l'échelle standardisée Kindl (Kiddy-kindl). Différents indicateurs ont été calculés en tenant compte de l'informant (parent ou enseignant) ainsi que du retentissement de ces difficultés sur la vie de l'enfant. Enfin, les points de vue du parent et de l'enseignant ont été combinés, selon l'algorithme de combinaison du SDQ, pour estimer les prévalences de ces différents types de difficultés rencontrées par les enfants. Pour évaluer le recours aux soins, les parents ont déclaré l'éventuel recours à différents types de professionnels pour des difficultés psychologiques ou d'apprentissage de leur enfant.

Sur les 438 écoles tirées au sort qui avaient au moins un élève scolarisé en maternelle, 246 écoles ont participé (56,2 %). Sur les 9 038 enfants éligibles à l'enquête, un questionnaire enseignant a été complété et analysé pour 5 721 d'entre eux (63,3 %) et un questionnaire parent pour 3 785 enfants (41,9 %). Pour 2 683 enfants (29,7 % des enfants éligibles), un questionnaire parent et un questionnaire enseignant étaient disponibles. Les analyses par informant retrouvaient un faible niveau de concordance, rappelant que les appréciations respectives des symptômes et de leur impact, sont complémentaires notamment en raison de la différence de contexte d'observation de l'enfant. En intégrant le point de vue du parent et de l'enseignant sur ce dernier échantillon, 8,3 % [IC 95 % : 7,1-9,6] des enfants de 3 à 6 ans présentaient au moins un type de difficultés probables ayant un retentissement sur leur vie. Plus précisément, 1,8 % [1,3-2,5] des enfants présentait des difficultés émotionnelles probables avec retentissement, 5,9 % [4,8-7,2] des enfants présentaient des difficultés oppositionnelles probables avec retentissement et 1,9 % [1,4-2,6] présentait des difficultés d'inattention/hyperactivité probables avec retentissement. Environ un tiers des enfants qui présentaient au moins un type de difficultés probables ayant un retentissement sur leur vie avait consulté un professionnel de santé mentale (33,7 % [26,4-41,6]) au cours de l'année précédente en rapport avec ces difficultés. Les différents scores moyens des sous-échelles de bien-être variaient de 78,1 (bien-être famille) à 88,5 (bien-être émotionnel), sur une échelle de 0 à 100. Les comparaisons du niveau de bien-être selon le sexe de l'enfant n'avaient pas mis en évidence de différence significative entre les filles et les garçons.

(Résumé de l'éditeur)


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